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Le pied est concerné au premier chef par le FHL. L’effet corde du tendon long fléchisseur, l’attaque du pas sur le bord externe et l’affaissement de l’arche interne génèrent les pathologies les plus fréquentes du pied, hallux valgus, hallux rigidus et névrome de Morton.
Le pied n’est pas seulement à l’origine de la cascade biomécanique du FHL, il en est aussi la première victime. Trois mécanismes convergent et génèrent les pathologies du pied les plus fréquentes en consultation orthopédique.

Le FHL désynchronise les moments de transition en pro-supination, empêche le creusement du pied lors de la propulsion par suppression de l’effet treuil, et bloque la sous-talienne par effet de corde tendue. Les implications touchent les trois étages anatomiques du pied.
Pour comprendre les pathologies du pied liées au FHL, il faut distinguer les trois zones qui le composent. Chacune réagit différemment au déséquilibre biomécanique et développe ses propres pathologies.

Avant-pied — orteils, métatarses, sésamoïdes. Médio-pied — arche interne, tarse. Arrière-pied — talon, sous-talienne. Trois zones, trois familles de pathologies, toutes liées au même dysfonctionnement biomécanique central.
Chaque zone du pied développe ses propres pathologies sous l’effet du FHL. La vue d’ensemble suivante permet de repérer rapidement la pathologie qui correspond à votre situation.
L’hallux valgus est la déformation la plus connue de l’avant-pied. C’est une dislocation partielle de l’articulation métatarso-phalangienne du premier rayon. La capsule interne se déchire, le premier métatarsien s’écarte du second, et l’orteil se tourne vers le deuxième orteil. Un affaissement de l’avant-pied est toujours présent et il existe souvent une rétraction en griffe du deuxième orteil.

Diverses causes sont citées comme facteurs prédisposants, prédisposition familiale, souliers à hauts talons, chaussures trop étroites, premier métatarsien court, surpoids. Mais le FHL est en réalité le facteur principal de la déformation.
98 % des hallux valgus présentent un stretch test du FHL positif à l’examen clinique, malgré la déviation déjà installée de l’orteil. Cette donnée du Centre du pied positionne le FHL comme le primum movens de la déformation.
Considérant le FHL comme facteur prédisposant, le traitement chirurgical proposé associe deux gestes. D’abord, une réaxation osseuse du premier métatarsien associée au recentrage de la sangle sésamoïdienne par libération des structures externes et reconstitution capsulaire médiale. Une correction de la phalange basale du gros orteil est parfois ajoutée. Ensuite, une ténolyse endoscopique du long fléchisseur de l’hallux est proposée systématiquement pour prévenir les raideurs articulaires postopératoires et limiter le risque de récidive de la déformation.
Sans libération du tendon, le déséquilibre biomécanique qui a causé l’hallux valgus persiste. La correction osseuse seule expose à un risque de récidive plus élevé. Cette approche combinée explique en partie la mauvaise réputation des opérations correctrices d’hallux valgus, souvent suivies de récidives quand le FHL n’est pas traité.
Après l’hallux valgus, l’hallux rigidus est l’affection la plus fréquente de l’avant-pied. Il s’agit d’une déformation articulaire due à l’arthrose, c’est-à-dire à la disparition du cartilage de part et d’autre de l’articulation métatarso-phalangienne du premier rayon. Affection souvent très douloureuse, elle s’accompagne le plus souvent d’une raideur articulaire et de becs osseux appelés ostéophytes, à l’origine de points d’appui douloureux dans les chaussures.

La ténolyse aux stades précoces — Aux stades précoces de l’arthrose, une chirurgie décompressive comme la ténolyse du Flexor Hallucis Longus peut avoir sa place. L’effet corde du tendon présent dans le FHL entraîne en effet des contraintes articulaires accrues et constitue ainsi un facteur prédisposant à l’arthrose et à l’aggravation des symptômes.
Le traitement conservateur est rarement indiqué pour l’hallux rigidus, en raison des douleurs que peuvent entraîner les manœuvres d’étirement du tendon. Aux stades plus avancés, d’autres solutions chirurgicales sont proposées en fonction de l’importance des lésions arthrosiques.
Le névrome de Morton correspond cliniquement à des douleurs mécaniques situées préférentiellement entre le troisième et le quatrième orteil. Ces douleurs résultent d’une compression du nerf interdigital situé dans la commissure à la base des orteils. À l’origine, on trouve fréquemment une bursite et, dans les cas chroniques, un véritable névrome, c’est-à-dire une dilatation fusiforme du nerf en réponse à la compression.

L’implication du FHL — L’implication du FHL dans ce syndrome est liée au déroulé du pas sur l’extérieur du pied. Au fil du temps, les tissus s’atrophient et ne sont plus à même de supporter la charge, et les symptômes apparaissent. Les femmes sont plus touchées que les hommes, et le pic de survenue est situé vers cinquante ans.
L’option ténolyse précoce — Les traitements habituellement proposés vont de l’infiltration à l’excision du nerf, en passant par les supports plantaires et la simple décompression nerveuse. Dans les cas précoces, on peut proposer une ténolyse du FHL associée ou non à un support plantaire. Ce traitement recentre le déroulé du pas et diminue les sollicitations mécaniques sur la zone douloureuse.
« Quand on traite le pied sans traiter le FHL, on traite les symptômes. Quand on traite le FHL, on traite la cause. La différence se mesure dans le temps, à l’absence de récidive. »
Dr Jacques Vallotton, Centre Orthopédique d’Ouchy
Une fiche d’information de l’Association Française de Chirurgie du Pied et de la Cheville complète la documentation sur le névrome de Morton.
Le névrome de Morton ou névralgie inter-métatarsienne, fiche d’information de l’Association Française de Chirurgie du Pied et de la Cheville (AFCP)
Si vous avez un hallux valgus, un hallux rigidus ou des douleurs récurrentes du pied, le bilan de mobilité au Centre du pied permet d’objectiver le FHL associé et d’orienter la prise en charge la mieux adaptée.
Zones touchées
3 anatomiques
Pathologie N°1
hallux valgus
HV avec FHL
98%
Pathologie N°2
hallux rigidus
Atteinte nerveuse
névrome de Morton
Effet long terme
pied plat acquis
L’articulation immédiatement en aval, partageant les conséquences du déséquilibre du pied.
La ténolyse arthroscopique du FHL, technique combinée aux corrections d’hallux valgus.