Conséquences

Pourquoi votre pied se déforme avec le FHL

Le pied est concerné au premier chef par le FHL. L’effet corde du tendon long fléchisseur, l’attaque du pas sur le bord externe et l’affaissement de l’arche interne génèrent les pathologies les plus fréquentes du pied, hallux valgus, hallux rigidus et névrome de Morton.

Section conséquences

Le pied, premier territoire du FHL

Le pied n’est pas seulement à l’origine de la cascade biomécanique du FHL, il en est aussi la première victime. Trois mécanismes convergent et génèrent les pathologies du pied les plus fréquentes en consultation orthopédique.

Trois mécanismes en cause
Trois mécanismes en cause — pied (FHL)

Le FHL désynchronise les moments de transition en pro-supination, empêche le creusement du pied lors de la propulsion par suppression de l’effet treuil, et bloque la sous-talienne par effet de corde tendue. Les implications touchent les trois étages anatomiques du pied.

Les trois zones anatomiques du pied

Pour comprendre les pathologies du pied liées au FHL, il faut distinguer les trois zones qui le composent. Chacune réagit différemment au déséquilibre biomécanique et développe ses propres pathologies.

Les trois zones anatomiques du pied : avant-pied, médio-pied, arrière-pied

Avant-pied — orteils, métatarses, sésamoïdes. Médio-pied — arche interne, tarse. Arrière-pied — talon, sous-talienne. Trois zones, trois familles de pathologies, toutes liées au même dysfonctionnement biomécanique central.

Les manifestations cliniques par zone

Chaque zone du pied développe ses propres pathologies sous l’effet du FHL. La vue d’ensemble suivante permet de repérer rapidement la pathologie qui correspond à votre situation.

Avant-pied

Atteintes des orteils

  • Hallux valgus (oignon)
  • Hallux rigidus
  • Métatarsalgies de transfert
  • Névrome de Morton
  • Douleurs sésamoïdiennes
Médio-pied

Affaissement de l’arche

  • Pied plat valgus acquis
  • Tendinopathie du tibialis posterior
  • Lésions du ligament de Spring
  • Arthrose tarso-métatarsienne du 1er rayon
Arrière-pied

Surcharges du talon

  • Talalgies de surcharge
  • Ténosynovite du FHL
  • Crampes sur l’adducteur de l’hallux
  • Valgus calcanéen

Hallux valgus, l’oignon du pied

L’hallux valgus est la déformation la plus connue de l’avant-pied. C’est une dislocation partielle de l’articulation métatarso-phalangienne du premier rayon. La capsule interne se déchire, le premier métatarsien s’écarte du second, et l’orteil se tourne vers le deuxième orteil. Un affaissement de l’avant-pied est toujours présent et il existe souvent une rétraction en griffe du deuxième orteil.

Hallux valgus — déviation latérale du gros orteil avec oignon

Diverses causes sont citées comme facteurs prédisposants, prédisposition familiale, souliers à hauts talons, chaussures trop étroites, premier métatarsien court, surpoids. Mais le FHL est en réalité le facteur principal de la déformation.

Donnée clé

98 % des hallux valgus présentent un stretch test du FHL positif à l’examen clinique, malgré la déviation déjà installée de l’orteil. Cette donnée du Centre du pied positionne le FHL comme le primum movens de la déformation.

L’approche chirurgicale combinée

Considérant le FHL comme facteur prédisposant, le traitement chirurgical proposé associe deux gestes. D’abord, une réaxation osseuse du premier métatarsien associée au recentrage de la sangle sésamoïdienne par libération des structures externes et reconstitution capsulaire médiale. Une correction de la phalange basale du gros orteil est parfois ajoutée. Ensuite, une ténolyse endoscopique du long fléchisseur de l’hallux est proposée systématiquement pour prévenir les raideurs articulaires postopératoires et limiter le risque de récidive de la déformation.

Pourquoi traiter le FHL aussi

Sans libération du tendon, le déséquilibre biomécanique qui a causé l’hallux valgus persiste. La correction osseuse seule expose à un risque de récidive plus élevé. Cette approche combinée explique en partie la mauvaise réputation des opérations correctrices d’hallux valgus, souvent suivies de récidives quand le FHL n’est pas traité.

Hallux rigidus, l’arthrose du gros orteil

Après l’hallux valgus, l’hallux rigidus est l’affection la plus fréquente de l’avant-pied. Il s’agit d’une déformation articulaire due à l’arthrose, c’est-à-dire à la disparition du cartilage de part et d’autre de l’articulation métatarso-phalangienne du premier rayon. Affection souvent très douloureuse, elle s’accompagne le plus souvent d’une raideur articulaire et de becs osseux appelés ostéophytes, à l’origine de points d’appui douloureux dans les chaussures.

Hallux rigidus — arthrose du gros orteil

La ténolyse aux stades précoces — Aux stades précoces de l’arthrose, une chirurgie décompressive comme la ténolyse du Flexor Hallucis Longus peut avoir sa place. L’effet corde du tendon présent dans le FHL entraîne en effet des contraintes articulaires accrues et constitue ainsi un facteur prédisposant à l’arthrose et à l’aggravation des symptômes.

Limite du traitement conservateur

Le traitement conservateur est rarement indiqué pour l’hallux rigidus, en raison des douleurs que peuvent entraîner les manœuvres d’étirement du tendon. Aux stades plus avancés, d’autres solutions chirurgicales sont proposées en fonction de l’importance des lésions arthrosiques.

Névrome de Morton

Le névrome de Morton correspond cliniquement à des douleurs mécaniques situées préférentiellement entre le troisième et le quatrième orteil. Ces douleurs résultent d’une compression du nerf interdigital situé dans la commissure à la base des orteils. À l’origine, on trouve fréquemment une bursite et, dans les cas chroniques, un véritable névrome, c’est-à-dire une dilatation fusiforme du nerf en réponse à la compression.

Névrome de Morton — compression du nerf interdigital

L’implication du FHL — L’implication du FHL dans ce syndrome est liée au déroulé du pas sur l’extérieur du pied. Au fil du temps, les tissus s’atrophient et ne sont plus à même de supporter la charge, et les symptômes apparaissent. Les femmes sont plus touchées que les hommes, et le pic de survenue est situé vers cinquante ans.

L’option ténolyse précoce — Les traitements habituellement proposés vont de l’infiltration à l’excision du nerf, en passant par les supports plantaires et la simple décompression nerveuse. Dans les cas précoces, on peut proposer une ténolyse du FHL associée ou non à un support plantaire. Ce traitement recentre le déroulé du pas et diminue les sollicitations mécaniques sur la zone douloureuse.

« Quand on traite le pied sans traiter le FHL, on traite les symptômes. Quand on traite le FHL, on traite la cause. La différence se mesure dans le temps, à l’absence de récidive. »

Dr Jacques Vallotton, Centre Orthopédique d’Ouchy

Article scientifique de référence

Une fiche d’information de l’Association Française de Chirurgie du Pied et de la Cheville complète la documentation sur le névrome de Morton.

Article

Le névrome de Morton

Le névrome de Morton ou névralgie inter-métatarsienne, fiche d’information de l’Association Française de Chirurgie du Pied et de la Cheville (AFCP)

Vous reconnaissez votre pied ?

Faire le bilan avant la chirurgie

Si vous avez un hallux valgus, un hallux rigidus ou des douleurs récurrentes du pied, le bilan de mobilité au Centre du pied permet d’objectiver le FHL associé et d’orienter la prise en charge la mieux adaptée.

En bref

Zones touchées

3 anatomiques

Pathologie N°1

hallux valgus

HV avec FHL

98%

Pathologie N°2

hallux rigidus

Atteinte nerveuse

névrome de Morton

Effet long terme

pied plat acquis